Accueil / Blog / Les intérêts composés expliqués simplement : pourquoi chaque année compte (même en débutant)
Épargne & Bourse
La réponse courte, si vous n'avez que 30 secondes : les intérêts composés, c'est le fait que vos gains génèrent eux-mêmes des gains, année après année. Résultat : 200 euros investis chaque mois pendant 30 ans avec un rendement moyen de 7 % par an deviennent environ 227 000 euros, alors que vous n'aurez versé que 72 000 euros de votre poche. La différence, 155 000 euros, c'est uniquement le travail du temps et des intérêts sur les intérêts. Plus vous commencez tôt, plus cet effet joue en votre faveur.
Un intérêt simple, c'est un gain qui reste sur le côté. Un intérêt composé, c'est un gain qui retourne dans le pot et qui se remet, lui aussi, à générer des gains.
Prenons 1 000 euros placés à 7 % par an. La première année, vous gagnez 70 euros. Vous avez maintenant 1 070 euros. La deuxième année, les 7 % ne s'appliquent plus à 1 000 euros, ils s'appliquent à 1 070 euros. Vous gagnez donc 74,90 euros, pas 70. La troisième année, vous gagnez 80,14 euros. L'écart semble minuscule au début. Il ne l'est plus du tout après 20 ou 30 ans.
C'est exactement ce que résumait l'investisseur américain John Bogle, fondateur de Vanguard : « Le temps est votre ami, l'impulsivité votre ennemie. » Les intérêts composés récompensent la patience, pas la vitesse.

Intérêt simple contre intérêt composé : la différence se voit dès la deuxième année.
Voici un exemple chiffré concret, avec une hypothèse de rendement moyen de 7 % par an (moyenne historique illustrative d'un placement diversifié en actions sur le long terme, ce n'est pas une promesse de performance future) :
Sur 10 ans, les intérêts composés représentent moins de la moitié du versement total. Sur 30 ans, ils représentent plus du double. C'est la caractéristique centrale des intérêts composés : leur effet est faible au début et devient énorme à la fin. La courbe ne monte pas en ligne droite, elle s'incurve vers le haut.

L'effet est presque invisible les premières années, puis s'accélère nettement à partir de la vingtaine d'années.
Reprenons le même exemple, 200 euros par mois à 7 % par an, mais en retardant le départ d'un an. Sur 30 ans, vous obtenez environ 227 000 euros en commençant tout de suite. En commençant un an plus tard (donc sur 29 ans), vous obtenez environ 210 000 euros. Une seule année de retard coûte environ 17 000 euros à l'arrivée, alors que vous n'avez « économisé » que 2 400 euros de versements cette année-là.
C'est le point le plus contre-intuitif des intérêts composés : ce n'est pas l'année où vous attendez qui coûte cher, ce sont toutes les années suivantes qui auraient dû faire fructifier cette première année-là et qui ne le peuvent plus.

Un an d'écart au départ, 17 000 € d'écart à l'arrivée : l'écart ne se rattrape jamais.
Les intérêts composés fonctionnent dans n'importe quel placement qui capitalise les gains au lieu de les distribuer. En France, les enveloppes les plus courantes pour ça sont l'assurance-vie en unités de compte, le PEA, le compte-titres ordinaire (CTO) et le PER pour la retraite. Le principe est le même partout : plus vous laissez les gains réinvestis longtemps, plus l'effet joue.
Pour aller plus loin sur le choix de l'enveloppe, l'article 8 choses à comprendre avant d'investir dans un ETF détaille comment ça se passe concrètement avec des fonds indiciels.
Les intérêts composés ne sont pas magiques, ils dépendent de trois choses.
Le temps. C'est le facteur le plus important, plus important que le montant versé au départ. Dix ans de plus valent souvent mieux que deux fois plus d'argent versé sur une durée plus courte.
La régularité. Verser un peu chaque mois (une stratégie qu'on appelle le DCA, pour dollar cost averaging) lisse les points d'entrée et évite d'attendre le « bon moment », qui n'existe pas vraiment.
Ne pas retirer en cours de route. Chaque retrait casse une partie de l'effet boule de neige, puisque l'argent retiré ne peut plus générer d'intérêts sur les intérêts suivants.
Les trois conditions pour que les intérêts composés jouent vraiment en votre faveur.
Les chiffres de cet article viennent de la formule standard des intérêts composés avec versements réguliers, appliquée à une hypothèse de rendement moyen de 7 % par an. Ce taux correspond à peu près à la moyenne historique longue durée d'un portefeuille diversifié en actions mondiales, avant inflation. Je l'ai choisi parce que c'est l'hypothèse la plus couramment utilisée dans la littérature financière pour ce type d'illustration, pas parce qu'elle garantit quoi que ce soit pour l'avenir. Les marchés montent et baissent d'une année sur l'autre ; le rendement moyen ne se réalise que lissé sur de longues périodes.
Je m'appelle Hugo Terrier. Je suis conseiller en gestion de patrimoine en formation (parcours IAS, CIF, AMF, IOBSP), et je documente publiquement cet apprentissage sur LinkedIn et YouTube. Plus de 14 000 personnes suivent ce parcours avec moi. Je n'ai aucun lien affilié avec les produits mentionnés dans cet article : mon seul objectif ici est d'expliquer un mécanisme simplement, avec des chiffres vérifiables.
Si votre situation est un cas particulier et que vous voulez qu'on regarde ensemble comment appliquer ça concrètement à votre épargne, prenons 30 minutes ensemble, gratuitement.
Les intérêts simples se calculent toujours sur le capital de départ. Les intérêts composés se calculent sur le capital de départ plus tous les gains déjà accumulés. C'est cette différence qui crée l'effet boule de neige.
Le plus tôt possible, même avec de petits montants. Le facteur temps compte plus que le montant de départ : 50 euros par mois pendant 30 ans profite davantage des intérêts composés que 200 euros par mois pendant 10 ans.
Oui, dans une moindre mesure, puisque les intérêts du Livret A sont automatiquement réinvestis dans le capital chaque année. L'effet est simplement beaucoup plus faible qu'en actions, puisque le taux du Livret A est nettement inférieur à un rendement actions long terme.
Non, aucun rendement n'est garanti sur un placement en actions. Le 7 % utilisé ici est une moyenne historique longue durée, pas une promesse. Certaines années sont négatives, d'autres largement positives ; c'est la moyenne sur plusieurs décennies qui s'approche de ce chiffre.
La formule est : capital final = versements x [(1 + taux)^nombre d'années - 1] / taux, pour des versements réguliers. Il existe aussi des simulateurs en ligne qui font ce calcul automatiquement à partir de votre montant, votre durée et votre hypothèse de rendement.
Non. Avant de chercher à profiter des intérêts composés sur des placements risqués, mieux vaut avoir une épargne de précaution disponible rapidement, par exemple sur un Livret A ou un LDDS.